François Hollande après son entrée réussie en campagne du Bourget fait la course en tête. Il prend « 60 engagements » pour la France et promet que « tout ce qui est dit sera fait durant le quinquennat ». Le candidat socialiste veut «changer de perspectives et de méthodes ». L’UMP dénonce une vision « passéiste » qui menace la pérennité de notre modèle social ». Nicolas Sarkozy – toujours pas candidat – joue son va tout sur six chaînes télévisées, le 29 janvier.

Publié 26 janvier 2012 par horizonspolitiques
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Incontestablement depuis son premier meeting réussi du Bourget, (56% des Français l’ont trouvé convaincant, selon un sondage BVA), François Hollande fait maintenant la course en tête à moins de trois mois de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy semble empêtré dans son costume de Président de la République alors que les mauvaises nouvelles se succèdent entre la dégradation de la note de la France par Standard & Poor’s et le nouveau record du chômage en 2011 venant clore quatre années de hausse consécutive.
François Hollande a présenté, le 26 janvier pendant une heure, un programme détaillé et chiffré fondé sur « un effort de volonté et de justice » qui se place dans une période difficile puisque, a-t-il dit clairement « nous sommes entrés en récession ».
Si l’on peut relever quelques reculs par rapport au programme socialiste – l’allocation autonomie pour les jeunes sera appliquée « quand nous aurons les ressources financières nécessaires » a-t-il dit par exemple – c’est parce que le candidat socialiste a pris l’engagement que « tout ce qui a été dit sera fait durant le quinquennat ». En commençant par les réformes de structures qui, elles en seront faites « vite ». C’est ainsi qu’en matière de retraites ceux qui ont commencé à travailler tôt et ont quarante et un ans d’annuités pourront partir immédiatement. « Cela coûtera un milliard d’euros en 2012 et cinq milliards fin 2017 ». Le coût sera compensé par un prélèvement de 0,01% sur les salariés et les patrons.
Tout au long de sa conférence de presse, François Hollande a insisté sur le fait qu’il voulait « changer de perspectives et de méthodes » par rapport à « celui qui nous fait compétition non déclarée » ou qu’il qualifie de « prédécesseur » prenant ainsi le risque de « parler déjà au futur » a-t-il lancé sur un ton amusé. Le changement de méthode sera particulièrement perceptible pour les logements sociaux, l’Etat libérant tous les terrains alors qu’en contre partie, les collectivités locales s’engagent à construire des logements dans un délai de cinq ans. Dans un tout autre domaine celui de la corruption, il a précisé que pour des élus condamnés, il sera impossible de se représenter avant dix ans. Quant à la réforme du système bancaire a-t-il dit « nous ferons en sorte d’être exemplaires ».
Le candidat socialiste a été soucieux aussi de répondre aux critiques qui lui avait déjà été adressées par les membres du gouvernement en chiffrant le rétablissement des comptes publics à 29 milliards (11,8 sur les plus hauts revenus et 17,2 milliards pour les entreprises et les « niches fiscales »), les nouvelles mesures devant être financées à hauteur de 20 milliards. Autre précision importante, François Hollande a indiqué que les dépenses de l’Etat augmenteront de 1% en volume chaque année et que les classes moyennes ne seront pas pénalisées (pour le quotient familial, « les familles disposant de revenus jusqu’à six fois le SMIC auront le même dispositif »). En revanche, a-t-il précisé, seront touchés « les plus hauts revenus qui ont bénéficié de 75 milliards de cadeaux fiscaux depuis le début du quinquennat ».
Les « 60 engagements » de François Hollande s’efforcent de respecter la plupart des promesses contenues dans le programme socialiste – la part du « rêve français » – tout en tenant compte des réalités économiques du moment et du chômage record. Cette présentation apparaît comme un nouveau temps fort de la campagne présidentielle, une proposition d’alternative. Car, objectivement, les données économiques, sociales sont mauvaises. L’adversaire qu’il devait affronter le 26 janvier à la télévision, Alain Juppé, reconnaissait lui-même lorsqu’il était premier ministre qu’à moins de 2% de croissance, les élections étaient perdues d’avance pour le pouvoir en place…. On est même plus certain d’avoir en 2012, une croissance positive comme le prétend François Hollande et le ministre du travail Xavier Bertrand laisse entendre que l’on pourrait même atteindre les 3 millions de chômeurs (contre 2 ,87 millions en décembre 2011) !
Les « retombées » politiques de ces contre-performances économiques et sociales commencent d’ailleurs à se faire sentir. Les sondages font apparaître que mise à part la stature présidentielle reconnue à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat est devancé sur tous les autres secteurs (politique, économique, sociale, sécurité etc. par François Hollande voire même François Bayrou ou Marine Le Pen). Certains députés UMP inquiets sur leur sort aux prochaines législatives demandent au président de la République d’entrer plus rapidement en campagne même si l’Elysée s’en tient toujours à une campagne brève avec une entrée en lice fin février.
La prestation télévisée du chef de l’Etat le 29 janvier sur les deux chaînes généralistes TF1 et France 2 ainsi que sur les trois autres chaînes d’actualité et la chaîne parlementaire soit six au total – du jamais vu – apparaît donc cruciale. Car, en effet, Nicolas Sarkozy est à la recherche d’une nouvelle stature. Il veut se débarrasser de son étiquette « bling bling » du début du quinquennat (un livre de confessions personnelles serait en préparation) ; Il ne veut pas se lancer trop tôt dans la bataille électorale tout en donnant des consignes précises à ses amis de l’UM au jour le jour.
L’UMP derrière Jean-François Copé est donc incitée à « pilonner » les « 60 engagements » de François Hollande qu’ils assimilent à celles qu’auraient pu faire Jacques Duclos ou Georges Marchais. Valérie Pécresse, très en pointe, estime dans « Le Figaro » du 26 janvier que les propositions de François Hollande « menacent la pérennité de notre modèle social ». Le parti majoritaire a produit trois documents de campagne pour « rétablir la vérité sur notre bilan » ; « défendre la famille face aux attaques du PS » et présenter le projet 2012 de l’UMP intitulé «protéger et préparer l’avenir des enfants de la France ». Le conseil national de l’UMP qui se réunit le 28 janvier en présence du premier ministre lancera donc une campagne active de remobilisation.
De leur côté, les élus locaux socialistes derrière le président des départements de France (ADF) Claudy Lebreton qui se présente en privé comme le « général en chef des troupes socialistes » et Marylise Lebranchu (présidente de l’association des élus socialistes er républicains) vont s’efforcer de faire relayer sur le terrain régional, départemental et communal, les « 60 engagements » de François Hollande. Le candidat socialiste a d’ailleurs prévu le 3 mars, de tenir un meeting à Dijon où il avancera ses propositions en matière de décentralisation et de fiscalité locale.
Ouverte, le 22 janvier par le discours du Bourget de François Hollande et clôt par l’entretien télévisé du président non encore candidat, Nicolas Sarkozy, cette semaine marquera un tournant dans la campagne…avec, pour l’instant, un net avantage pour le candidat socialiste. A suivre.
François Gervais

François Hollande a marqué un essai avec le lancement réussi de sa campagne. Il peut le transformer en victoire probable s’il parvient le 26 janvier à « chiffrer » de façon crédible sa plateforme – présidentielle. Nicolas Sarkozy peut-il encore se maintenir longtemps au dessus de la mêlée ? Il va réagir et contre-attaquer.

Publié 23 janvier 2012 par horizonspolitiques
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François Hollande a réussi son entrée en campagne. Le meeting du 22 janvier du Bourget restera dans l’histoire du futur président – s’il est élu en mai prochain – comme le discours- fondateur de référence d’une campagne victorieuse. C’était mal connaître le député de Corrèze, habitué des meetings comme des réunions de préaux, de croire qu’il pourrait se « planter ». D’ailleurs, les snipers de droite ont reconnu qu’il avait réussi son entrée en campagne dans la forme.
Le candidat socialiste devait prouver qu’il était à la fois rassembleur dans son parti et capable de représenter toute la gauche. Les embrassades avec les principaux dirigeants du PS notamment Martine Aubry et Laurent Fabius mais surtout avec Jérôme Cahuzac, son futur ministre de l’économie, ont montré qu’ils étaient tous derrière lui. Ce qu’a confirmé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, le 24 janvier, qui l’avait pourtant défié quelques jours plus tôt et a été battu à propos du redéploiement des 60 000 enseignants prévus dans le futur programme du candidat. Le point central de son discours, l’attaque contre son ennemi principal – « le monde de la finance » – arrivé en point d’orgue est susceptible de rassembler largement à gauche voire à l’extrême gauche.
Mais la surprise, l’habileté de François Hollande, a consisté à placer sa candidature sous l’étendard de la République avant de terminer son meeting sur une « Marseillaise ». Même s’il n’a pas fait allusion à la précédente campagne de Ségolène Royal, François Hollande a remplacé le mot fétiche de l’ancienne candidate socialiste « Fra-ter-ni-té » par celui plus républicain d’ « E-ga-li-té » !. Outre l’exercice obligé du rassemblement des socialistes et du camp de la gauche, François Hollande a ajouté un corpus laïc susceptible d’attirer vers lui les républicains de progrès. Du camp d’en face. Du cousu main exclusivement de son cru. Pratiquement un sans faute même s’il a été moins convaincant dans la dernière partie de son discours sur le « rêve français » avec cette saillie ronflante « la France n’est pas un problème, la France est une solution ! »…
Excellent dans la forme, François Hollande est resté dans un certain flou sur le fond. Car si « François Egalité » s’est ancré à gauche avec l’énoncé de mesures aussi symboliques que le « tarif social de l’eau » (pas cher pour les consommateurs d’eau potable mais plus cher pour ceux qui remplissent leurs piscines…) sur le fond, il est resté relativement prudent. Rien n’a été dit de fondamental sur les moyens de résorber la dette publique, le nouveau contrat sur les retraites ou le moyen de refonder le pacte franco-allemand avec Angela Merkel : tous ces sujets se révèlent pourtant décisifs pour la réussite de son éventuel quinquennat, avec le fameux l’acte III de la décentralisation et les nouveaux rapports entre l’Etat et les collectivités locales.
C’est précisément là dessus que François Hollande peut transformer son essai le 26 janvier lors de sa conférence de presse pour présenter sa plateforme présidentielle et son face à face avec Alain Juppé à la télévision. Toutefois, le fameux « chiffrage » du projet s’avère encore plus périlleux que la présentation de son discours programme. François Hollande n’a pas intérêt à manquer cette étape décisive. Car la moindre de ses propositions va être désormais passée au crible par le camp adverse. Il est donc tout à fait prématuré de penser qu’à partir de cette première épreuve réussie du lancement de sa campagne, François Hollande aurait partie gagnée pour l’Elysée 2012.
Car, les premières réactions du camp de Nicolas Sarkozy – « la crise a été la grande absente de ce discours » a dit Henri Guaino tandis que Bruno le Maire dénonçait « un discours du monde d’hier avec les mêmes vielles recettes » rendues caduques par la crise – permettent de le penser : c’est à une véritable entreprise de démolition vis-à-vis de la crédibilité de la plate-forme du candidat socialiste que se préparent les proches du candidat-président de droite. Il faut espérer que les mesures proposées par Laurent Fabius (pour la première année) et celles du duo réformiste composé de l’ancien ministre de l’économie, Michel Sapin et du président socialiste de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, seront en béton. Si c’est bien le cas, Nicolas Sarkozy aura du souci à se faire.
A moins que le président –candidat ne sorte de son chapeau un joker économique et social performant lors de son émission télévisée du 29 janvier. Bruno Le Maire affirmait le 23 janvier sur France-Inter qu’ « il y a un certain nombre de décisions économiques, sociales, lourdes à prendre, pour construire un nouveau modèle économique et social français qui marche dans le monde actuel ». C’est à l’évidence ce que Nicolas Sarkozy veut faire à travers sa TVA sociale et l’assouplissement du temps de travail en cours d’élaboration au gouvernement. Du coup, les propositions « républicaines » de François Hollande risqueraient d’apparaître « plan-plan »ou « décalées » par rapport à ce nouvel électrochoc économique et social sortie comme par miracle en fin de mandat.
L’entrée en campagne réussie de François Hollande ne lui donne pas un bon de sortie automatique pour l’Elysée en 2012. Loin de là. Il doit encore réussir une deuxième étape décisive : la présentation d’un programme présidentiel crédible. Le candidat socialiste vient de prendre un avantage psychologique sur le candidat-président puisque désormais, il fait la course en tête et place ses propositions au cœur du débat présidentiel.
François Gervais

Pour sortir de cette pré-campagne à la fois atone et hystérique. François Hollande largement favori doit fendre l’armure puis préciser son programme présidentiel les 22 et 26 janvier. Des interrogations dans le camp du président de la République sur l’annonce de sa candidature : février ou mars ? En tout état de cause après l’annonce des mesures « anti-crise » de fin janvier.

Publié 20 janvier 2012 par horizonspolitiques
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La campagne présidentielle en ce mois de janvier marqué par les vœux s’est révélée à la fois atone sur le plan des propositions et quelque peu hystérique dans les comportements. D’un côté les accusations à l’encontre du chef de l’Etat dévalué accusé d’avoir « dégradé » notre pays ; de l’autre des mises en garde sur les conséquences d’une victoire de la gauche qui entraînerait un cataclysme comparable à celui d’une « guerre » !
Cette violence des déclarations provenant aussi bien de dirigeants de l’UMP que du PS a masqué en fait, l’absence de débats de fond sur des mesures programmatiques précises entre les deux camps. Alors même que l’aile gauche du PS s’inquiétait d’un simple « redéploiement » au sein de la fonction publique des 60 000 enseignants promis par François Hollande, la majorité des députés UMP ne voyait rien venir de très performant travers la « réorientation » des 430 millions de crédits déjà votés pour la formation et l’emploi des chômeurs… Les Français se montrent d’ailleurs très sceptiques sur l’impact du sommet du 18 janvier (72% n’y croient pas, selon un sondage BVA) à paraître le 21 janvier. D’un côté comme de l’autre, pas de quoi intéresser réellement le peuple de France comme le disent en chœur François Bayrou et Marine Le Pen !
Or, les socialistes misent toute leur campagne sur la volonté de changement après un quinquennat qu’ils qualifient comme celui de l’échec sur tous les tableaux avec un million de chômeurs en plus, des déficits publics et commerciaux abyssaux etc. Le « rêve français » de François Hollande vendu pendant les « primaires » socialistes doit ainsi être revu au regard de la situation économique et sociale de notre pays par les propres réflexions de François Hollande. D’où les « flottements » enregistrés ces dernières semaines entre socialistes sur des questions comme le quotient familial ou les 60 000 enseignants supplémentaires, ce qui donne un sentiment d’impréparation.
A cela s’ajoute le manque de charisme de François Hollande lui-même. Une gestuelle un peu rétro dans ses discours et prestations télévisées ; des critiques venues de son propre camp sur le côté « mou » ou « non autoritaire » de son caractère ; un état-major de campagne pléthorique qui l’encombre davantage qu’il ne le sert. D’où l’importance cruciale de ce premier rassemblement régional du Bourget du 22 janvier où sont attendues quelque 10 000 personnes qui sera suivi le 26 janvier de la présentation de la plateforme présidentielle avec des éléments chiffrés comme l’a indiqué le 20 janvier Manuel Valls, le porte parole de François Hollande. Le soir même de ce 26 janvier, le candidat socialiste sera l’invité d’une émission spéciale de France 2 au cours de laquelle il affrontera le « numéro deux » du gouvernement, Alain Juppé. Il sera question sans doute d’un nouvel accroc militaire dans la conduite de la politique étrangère avec la mort de quatre soldats français en Afghanistan, le 20 janvier.
Il est temps que la campagne de François Hollande décolle. Le candidat du PS doit clarifier les grandes options de gauche du programme socialiste mais convaincre sur la manière dont il aura à les appliquer au cas où il serait élu en mai prochain à l’Elysée. Il lui faut réussir ce 22 janvier au Bourget, ce que son futur probable adversaire, Nicolas Sarkozy avait fait le 14 janvier 2007 lors de son meeting du Palais des Sports de Paris. : un lancement populaire et crédible de sa campagne présidentielle. Tous les socialistes seront derrière lui comme viennent de le prouver Laurent Fabius (lors de sa conférence de presse du 16 janvier sur la perte du triple A) et Martine Aubry en répliquant aux mesures sociales annoncées le 18 janvier. Ils seront d’autant plus incités à se placer dans son sillage que le dernier sondage BVA-RTL-presse régionale du 21 janvier place en tête le candidat du PS avec 30% alors que Nicolas Sarkozy est largement distancé avec 23% seulement en recul d’un point. De plus, l’écart entre le Président-candidat et Marine Le Pen (18%) se resserre – il n’est plus que de cinq points – et François Bayrou progresse de deux points (13%) et double son capital de confiance par rapport à novembre. Les candidats « hors système » ont le vent en poupe. Et cela au détriment essentiellement de Nicolas Sarkozy.
D’où les interrogations qui commencent à poindre dans son propre camp sur la meilleure date de son entrée en campagne. De leurs rencontres avec la population, certains députés UMP estiment que les gens ont l’impression que tous les candidats battent la campagne sauf lui. « Il faut y aller !» préconisent ceux qui lui demandent d’annoncer sa candidature dans la première quinzaine de février. De fait, la tactique du « président-protecteur » des Français semble avoir été mise à mal par l’échec du sommet sur la crise du 18 janvier et surtout l’impact psychologique négatif de la dégradation de la note triple A par Standard & Poor’s.
A l’Elysée, on s’en tient cependant à une entrée lice tardive du chef de l’Etat au mois de mars comme l’avait fait François Mitterrand en 1988. Selon ses conseillers, un mois de campagne suffit à Nicolas Sarkozy pour rattraper son retard et faire la différence. Pour l’instant, ils pensent qu’il doit continuer à capitaliser son action notamment avec la sortie de crise. Les milieux économiques attendent en effet des annonces sur la TVA sociale et la diversification du temps de travail pour le tout début février. En restant à son poste de vigie présidentiel à l’Elysée, Nicolas Sarkozy conserve la haute main sur les moyens audiovisuels. Pour populariser les mesures « anti-crise » qu’il compte annoncer après la séquence Hollande, en principe le 29 janvier à la télévision.
Quoi qu’il en soit, candidat déclaré ou pas, le chef de l’Etat doit s’attendre à une session parlementaire extraordinaire fort mouvementée s’il veut faire passer en force in extremis des réformes essentielles portant sur la TVA « anti-délocalisations » ou l’assouplissement du temps de travail. Le président du Sénat Jean-Pierre Bel a fait savoir le 19 janvier que la nouvelle majorité de gauche de la Haute assemblée « se battra jusqu’au bout et de toutes ses forces » contre de tels projets.
Force est de constater que si l’image de battant du chef de l’Etat reste solide en France – un récent sondage lui accorde la première place loin devant ses concurrents éventuels pour défendre le mieux les intérêts de notre pays en période de crise – elle est fortement atteinte au point de vue européen et international. D’abord vis-à-vis de l’Allemagne, Mme Merkel incarne désormais le leadership européen. De même, les relations avec les Etats-Unis d’Obama ne sont pas excellentes : le président américain vient de citer parmi ses amis en Europe, Mme Merkel et pas Nicolas Sarkozy. Enfin, au parlement européen qui vient d’élire à sa tête un social démocrate allemand Martin Schultz, un tiers des eurodéputés de la majorité présidentielle ont voté le 18 janvier, une résolution dans laquelle ils expriment leurs doutes « sur la nécessité et la désirabilité d’un accord intergouvernemental » pour le traité souhaité par la chancelière allemande et le président français pour mars prochain !
François Gervais

Le sommet social du 18 janvier initialement prévus pour arrêter de mesures d’urgence contre la flambée du chômage peut-il permettre de prendre des mesures structurelles économiques et sociales après l’électrochoc de la dégradation du triple A ? Nicolas Sarkozy et le Medef le souhaitent, les syndicats refusent de se laisser « instrumentalisés ».

Publié 17 janvier 2012 par horizonspolitiques
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Le « sommet sur l’emploi » annoncé par Nicolas Sarkozy en décembre pour arrêter des mesures d’urgence face à la flambée du chômage a été rebaptisé « sommet sur la crise » par le président-candidat qui a annoncé son intention de s’adresser aux Français d’ici à la fin janvier ou début février pour leur faire connaître les mesures qu’il compte faire prendre au gouvernement pour améliorer la compétitivité de notre pays. A l’ordre du jour de ce sommet dont quatre thèmes sont connus – accords de compétitivité, coût du travail et financement de la protection sociale, chômage partiel et formation des chômeurs, taxe Tobin -, le premier ministre a ajouté, le 17 janvier, en recevant les députés de l’UMP à Matignon, « la hausse de l’offre de logements »
Fait particulièrement significatif et inquiétant : depuis 2000 la France est passée d’une position d’excédent commercial régulier à celle d’importateur net. Plus encore que la dette publique française passée de 1209 milliards d’euros (67,5% du produit intérieur brut) en 2007 à 1 689 en 2011 (85,3%d u PIB), c’est le déficit du commerce extérieur de notre pays (75 milliards d’euros) du à notre manque de compétitivité qui a conduit de façon spectaculaire l’agence Standard& Poor’s à dégrader d’un cran la note française pour la première fois depuis 35 ans.
Il est vain de polémiquer à moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle sur le point de savoir s’il s’agit d’une « dégradation Sarkozy » comme l’a affirmé l’ancien premier ministre socialiste, Laurent Fabius, le 16 janvier ou s’il faut se contenter comme l’a souligné le même jour Nicolas Sarkozy à Madrid du satisfecit accordé à notre pays par les deux autres agences de notation internationales : Fitch (dirigée par un Français) et Moody’s qui au demeurant a placé la France sous surveillance négative pour les trois prochains mois. Chacun est dans son rôle ; Le président-candidat cherche à atténuer le plus possible un bilan économique et social très mauvais et l’opposition s’efforce de crédibiliser son alternative en mettant en lumière les mauvais points du quinquennat qui s’achève.
Il est heureux en revanche de constater que le problème de fond de la désindustrialisation de notre pays est – enfin – posé au grand jour. Ici à « Horizons politiques » nous avons tenté pendant une dizaine d’années à travers le « club Lamennais » organisé conjointement avec le CNISF (conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France) de faire prendre conscience aux politiques de tous bords de la gravité de cette désindustrialisation. Tous les politiques et économistes de renom – de François Hollande à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jacques Attali – ont évoqué ce sujet sans grand écho, il faut le reconnaître. Partie remise. Aujourd’hui, cette question cruciale s’impose comme étant au centre de la campagne présidentielle de 2012. Il est temps !
Les appels à la réindustrialisassions de nos territoires se fondent sur un triple constat : le recul de l’emploi industriel, la régression de la contribution de l’industrie au produit intérieur brut et les mauvais chiffres du commerce extérieur. Sur la période récente, cela a entraîné une perte de 89 000 emplois entre octobre 2009 et octobre 2010 à cause, essentiellement, de trois facteurs : le transfert d’emplois de l’industrie vers le secteur « tertiaire » des services (20 à 25%), les forts gains de productivité qui ont entrainé 30% de pertes d’emplois et la concurrence étrangère qui expliquerait 13% des destructions d’emplois. Tous les pays industrialisés à l’exception de l’Allemagne sont confrontés à une baisse de leur part de marché face à la concurrence des pays émergents. Si l’Allemagne a conservé son triple A c’est essentiellement parce qu’elle a su imposer sa « marque « de production. Le « Das Auto » de Volkswagen fait un malheur aussi bien en Chine qu’en Inde.
Critiqué pour son « paquet fiscal » de 2007 le président-candidat veut favoriser désormais la compétitivité industrielle. Il veut discuter de la mise en place d’une TVA sociale et d’accords de compétitivité –emploi avec les partenaires sociaux, le 18 janvier à l’Elysée. Il envisagerait même, si le dispositif est constitutionnel, selon « Le Monde » daté du 17 janvier d’alléger les charges correspondant aux rémunérations des techniciens qualifiés de l’industrie autour de 2 000 euros !
Interrogé par « Horizons politiques » le 16 janvier sur l’urgence à prendre des mesures sur les coûts du travail pour améliorer notre compétitivité, Laurent Fabius au nom de François Hollande a estimé que « la différence du coût avec les pays émergents était tellement massive – de un à vingt – que ce n’est pas une manipulation sur les taux de TVA qui peut régler le problème ». Pour l’ancien premier ministre socialiste, il faut s’attacher davantage à « améliorer la compétitivité de nos produits à travers les PME performantes plutôt que de réduire le coût de production ».
De son côté, le président du groupe socialiste, interrogé par nos soins, a estimé que s’il s’agissait d’’ »ajustements, la majorité a parfaitement le droite et peut-être le devoir de le faire ». Toutefois, Jean-Marc Ayrault a mis engarde contre le caractère « anti-démocratique » d’un choix de réformer de façon profonde notre système de protection social. « Le basculement des charges patronales vers la TVA est quelque chose de grave avec des conséquences très implorantes pour la consommation » a-t-il insisté. Comment peut-on accepter qu’à quelques semaines ou les Français vont être appelés à choisir un futur Président de la République et ses orientations politiques, économiques fiscales et européennes, l’on mette les Français devant le fait accompli » a-t-il averti.
De fait, le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer a laissé entendre qu’il y avait une incertitude sur les projets de loi qui pourraient être soumis au Parlement d’ici à la mi-mars y compris avec une session extraordinaire. Le président de l’Assemblée nationale a fait allusion au tir de barrage que ne manquerait pas de faire le nouveau Sénat à majorité de gauche face à des mesures structurelles fortes. L’opposition de gauche serait d’autant plus encline à jouer l’obstruction que les principaux syndicats, à la veille du sommet du 18 janvier ont d’ores et déjà rejetés toutes les mesures qui pourraient porter sur la TYVA sociale ou a flexibilisation du temps de travail, comme l’a indiqué Bernard Thibaut. Même position de rejet de la part de la CFDT qui refuse de se faire « instrumentaliser », selon l’expression utilisée le 17 janvier dans un entretien au « Figaro » par Laurent Berger, secrétaire national à l’emploi de la centrale. « Nous n’allons pas à ce sommet pour négocier des mesures structurelles ». Ce n’est pas le moment à trois mois de la présidentielle de prendre des décisions à la hussarde sur ces sujets, qui plus est en pénalisant les salariés » puisque, selon certaines indications, le gouvernement envisagerait de s baisses de charges seraient d’abord patronales puis salariales…après la présidentielle !
Par ailleurs, il semble acquis que la France ne peut se sortir seule de cette régression économique qui touche toute l’Europe à l’exception de l’Allemagne. La vraie relance économique ne peut se faire qu’au niveau de l’Union européenne. Or, sur ce point les positions sont divergentes entre les pays « vertueux » l’Europe du nord qui estiment que la « rigueur » est la bonne solution et qu’il faut continuer dans ce sens – c’est le cas de l’Allemagne – et l’Europe du sud qui aurait besoin avant tout de retrouver des taux de croissance positifs comme la France ou l’Espagne. Pire encore, l’écart grandissant entre l’Allemagne et la France fait craindre un décrochage de notre puissant partenaire d’outre-Rhin d’une Europe qui comme les Etats-Unis voit pâlir son étoile face aux pays émergents triomphants.
Voilà de beaux sujets de débats qui méritent d’être soulevés dans les prochaines semaines. Ce qui élèverait le niveau fort médiocre de ce début de campagne présidentielle où les petites phrases ne parviennent pas à masquer les incertitudes et les embarras des principaux protagonistes sur les projets de fond qu’ils comptent proposer pour sortir de la crise.
François Gervais

Après l’électro-choc de la dégradation de la France de son triple A, le pouvoir en place poursuit sa politique néolibérale en proposant au « sommet sur la crise » du 18 janvier de « baisser le coût du travail ». François Hollande dans son discours-programme du 22 janvier veut s’appuyer sur des efforts triple « C » : « cohérents, constants et calmes ». Les Français eux veulent « une campagne électorale digne qui parle des problèmes des gens » insiste le leader de la CFDT, François Chérèque.

Publié 15 janvier 2012 par horizonspolitiques
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La perte du triple A auprès de l’agence Standard & Poor’s intervenue le vendredi 13 janvier est incontestablement un mauvais coup pour la France, l’Europe mais en particulier pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Jamais notre pays n’avait été dégradé de la sorte et mis sous surveillance par un observateur reconnu de la finance internationale qui laisse entrevoir, au demeurant, une nouvelle perte de crédit possible en 2012.
Le Président de la République voit sanctionnée ainsi toute la politique économique qu’il a initié lors depuis son élection en 2007 qui se fondait avant tout sur une politique de l’offre et de la croissance. Il n’est pas le premier à subir les aléas économiques mondiaux et européens. On se souvient que François Mitterrand avait du changer son fusil d’épaule en choisissant la rigueur en 1983, deux années seulement après la victoire de la gauche parce qu’il n’avait pu tenir toutes les promesses dispendieuses de 1981. Il avait fallu deux ans au premier président socialiste de la V ème République avant de faire le choix politiquement douloureux de la rigueur.
Or, contrairement à son prédécesseur socialiste, Nicolas Sarkozy s’est refusé à changer de politique économique pendant ses cinq années de pouvoir. IL a maintenu par exemple comme un dogme et contre vents et marées, cette absurde prime aux heures supplémentaires au moment où notre pays frôle les dix millions de chômeurs – près d’un million de plus durant son quinquennat.
Plus que la dégradation de la note par Standard & Poor’s de 20/20 à 19 ou 18,5 pour une insuffisance d’efficacité dans la lutte contre la dette – une priorité pourtant de François Fillon qui avait déclaré dès 2007 que notre pays était « en faillite » – c’est avant tout pour « le manque de compétitivité » de notre pays qui est sanctionné par les experts de l’agence de notation Standard & Poor’s.
François Fillon affirme donc que « la priorité est de prendre une mesure significative sur la baisse du coût du travail » dans un entretien au « Journal du Dimanche » sur les conséquences de la perte du triple A. Il est probable que les syndicats qui ont dû encaisser durant ce quinquennat la remise en cause de la retraite à soixante ans et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite, n’accepteront pas de donner un nouveau débit à la crise à travers une augmentation programmée de la TVA de deux ou trois points qui les pénaliserait et au premier chef, les retraités, les chômeurs et les fonctionnaires.
A moins de cent jours de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy joue très gros sur cet ultime « cadeau » aux entreprises, réclamé par le Medef. Cette dernière recette libérale pour améliorer l’offre économique des entreprises risque de lui coûter très cher politiquement. D’autant plus que son image européenne est atteinte puisque en dépit de ses efforts pour parvenir à un accord européen le 9 décembre dernier, l’agence Standard & Poor’s – encore elle – estime que les mesures prises à Bruxelles ont été insuffisantes.
Du fait, on s’en doute d’une intransigeance allemande qui ne peut que se conforter puisque notre voisine d’outre-Rhin est la seule (avec la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande) à échapper à la dégradation générale des notes. Le couple franco-allemand est ainsi désarticulé et les accents victorieux du président français à l’issue des « sommets de la dernière chance » à répétition, n’apparaissent plus que comme des rodomontades au regard des situations dégradées de l’Espagne – où se rend Nicolas Sarkozy, le 16 janvier – et plus encore de la Grèce où le blocage de la situation avec ses créanciers accroit les incertitudes. Bref, pour être clair : Nicolas Sarkozy est étrillé et l’on voit la difficulté de l’UMP à prétendre qu’il faut continuer dans cette voie néolibérale avec le même « capitaine ».
En face, du côté socialiste, François Hollande a pris soin de préciser, le 14 janvier que « c’est une politique qui a été dégradée et pas la France ». Il ne faut pas tuer dans l’œuf le « rêve français » dont le candidat socialiste veut définir les contours lors de son premier grand meeting de campagne, le 22 janvier au Bourget. Mais, comme le relevait fort justement Erik Izraelewicz dans « le Monde » daté des 15 et 16 janvier « la gauche n’a guère de raisons de s’en réjouir. Les temps seront difficiles, très difficiles pour ceux quels qu’ils soient qui l’emporteront le 6 mai ».
De fait, il est nécessaire que le candidat socialiste présente comme il en a l’intention, un échéancier précis de ce qu’il compte faire. Jusqu’à présent trop d’atermoiements et de mises au point rectifiées successivement sur le quotient familial ou l’embauche de 60 000 enseignants ont donné une image de flottement et d’imprécision nocive à la crédibilité du projet socialiste. Dans le « JDD » du 15 janvier, François Hollande indique que l’ancien premier ministre Laurent Fabius travaille déjà sur les mesures à prendre en cas de victoire « dès le premier mois » avant même que la nouvelle Assemblée nationale soit élue en juin.
François Hollande précise que dans la première année, les reformes de structures financière, industrielle et fiscale seront prises. Ensuite, ajoute-t-il, « nous étalerons dans le temps les mesures dites les plus coûteuses ». Il indique aussi que le projet socialiste a été fait, il y a huit mois et que « des éléments ont déjà changé alors que d’autres demeurent ». C’est précisément sur cette clarification des propositions socialistes dans le temps que François Hollande jouera la crédibilité de ses propositions alternatives. Car d’ores et déjà, François Fillon lui a adressé une « suggestion » caustique : soumettre son programme électoral à … Standard & Poor’s. Car, selon le premier ministre « dans ce qu’il préconise, rien n‘est en phase avec la situation de l’économie européenne ».
Cette semaine s’annonce comme particulièrement importante car, de part et d’autre, il va falloir mettre cartes sur table. Nicolas Sarkozy va devoir dire s’il change son fusil d’épaule ou s’il intensifie sa politique fondée avant tout sur l’offre des entreprises notamment des PME dont le rôle devient primordial. François Hollande sera contraint de préciser sa politique « alternative » dans des circonstances rendues particulièrement incertaines compte tenu de notre dégradation du triple A.
Au delà des controverses politiciennes et d’experts économiques – ni la droite ni la gauche (ni Dominique Strauss-Kahn en 1997 ni François Baroin en 2012 par exemple) ne semblent en mesure d’imposer dans un délai raisonnable la taxe Tobin au niveau européen ce qui débloquerait en partie la situation et permettrait de relancer les investissements – les impétrants à l’élection présidentielle doivent entrer dans le vif du sujet et donner le détail des mesures qu’ils préconisent.
François Chérèque, le leader de la CFDT avait raison de souhaiter, le 15 janvier sur « Europe 1 » « une campagne électorale digne qui parle des problèmes des gens ». Car, la dignité des politiques ne consiste pas à faire des plans sur la comète mais à proposer des solutions avec un calendrier et s’engager sur des résultats précis à la clef. C’est ainsi que les électeurs pourront faire un choix digne et raisonnable au lieu de rester chez eux ou de se fourvoyer en votant pour des solutions extrêmes plus dangereuses que porteuses d’avenir.
De ce point de vue là, la dégradation du triple A de la France, attendue par les uns et redoutée par les autres, peut servir électrochoc salutaire… pour notre démocratie française.
François Gervais

Face à une impressionnante entreprise de dénigrement de François Hollande de la part de l’UMP, François Hollande propose une confrontation d’idées sur le fond avec le Président de la République, candidat non encore déclaré mais manifestement en campagne.

Publié 11 janvier 2012 par horizonspolitiques
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A la mi-décembre, Michel Sapin, l’un des plus proches conseillers de François Hollande confiait à huis clos à ses amis socialistes dont l’ancienne premier ministre Edith Cresson que « la campagne présidentielle à venir serait d’une très grande violence ». La méthode d’en face, ajoutait-il, cela va être de caricaturer et d’abimer le débat pour faire en sorte qu’il ne reste plus rien dans le paysage… sauf le capitaine : il faut s’y préparer ».
De fait, François Hollande qui inaugurait le 11 janvier son QG de campagne, un ancien hôtel particulier dans un quartier cossu de la capitale est bien servi. A peine la trêve des confiseurs terminée, qu’une première salve, vite étouffée, tentait de le discréditer – à l’instar de Lionel Jospin en 2002 vis-à-vis du Président Jacques Chirac en campagne et en exercice – à partir d’un propos rapporté par un journaliste faisant passer une imitation d ‘un Sarkozy disant de lui qu’il était « un sale mec ». Cette première salve a fait pschitt car François Hollande l’a tout de suite désamorcée.
Mais ce n’était qu’un début. Car, il ne se passe pas un seul jour depuis le début des traditionnelles cérémonies des vœux sans que l’état-major de l’UMP, le premier ministre en tête suivi par le président de l’Assemblée nationale, à partir des consignes élyséennes, n’attaque bille en tête le candidat socialiste. Bernard Accoyer est allé jusqu’à dire, lors de sa présentation des vœux à la presse le 11 janvier que si la gauche passait en mai prochain les conséquences « économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre » !
Du jamais vu. Pour un peu, le député UMP de Haute-Savoie n’était pas loin de taxer l’opposition de gauche d’anti-France retrouvant ainsi des accents d’extrême-droite qu’il rejette pourtant expressément. Dans la même veine – se voulant gaullienne sans doute – Bernard Accoyer ajoutait que la France avait besoin de « choix d’avenir et non de choix partisans », « d’unité nationale et non de postures idéologiques ». Des propos extrêmement « durs » comme l’a relevé un journaliste présent à cette cérémonie des vœux et l’on pourrait ajouter extrêmement surprenants dans la mesure où ils émanent d’un président d’une Assemblée parlementaire …pluraliste. « Ces propos sont indignes de la démocratie, irrespectueux du choix des électeurs et tout simplement inacceptables dans le débat public »a relevé l’un des porte-parole du candidat socialiste, Bruno Le Roux, député socialiste de Seine-St Denis.
Cet écart de langage n’est pas isolé dans le camp sarkozyste puisque le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé critiquait le même jour François Hollande qui en proposant, selon lui, « la fin du quotient familial » envoyait tout simplement « un message d’anéantissement de la politique familiale française ». De son côté, Nadine Morano, toujours à propos de la réforme du quotient familial a accusé François Hollande d’être « un homme dangereux pour la France » car il s’adonnerait au « rétropédalage permanent » dans ses propositions.
L’ancien ministre socialiste, Jean Glavany lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale a précisé « au nom de la vérité » qu’il n’était pas question sur le fond, pour François Hollande de supprimer le quotient familial mais de modifier les avantages fiscaux qu’il procure. Quant à la forme, l’une des porte-paroles de François Hollande, Delphine Batho a jugé que Nadine Morano « avait franchi le Rubicon » et que la droite préférait décidemment « l’invective « à la « confrontation d’idées », ajoutant avec juste raison : « trop c’est trop !
Car du côté socialiste le ton monte et les répliques sont tout aussi cinglantes. C’est Martine Aubry qui, le 10 janvier s’en prenant au « quinquennat Fouquet’s » du président Sarkozy en assurant que « jamais le bilan d’un président sortant n’aura été aussi catastrophique » tandis que , le même jour, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale dénonçait le « cambriolage démocratique » du gouvernement qui, à cent jours de l’échéance présidentielle, voudrait faire voter des réformes aussi importantes que la TVA sociale ou sur le temps de travail.
C’est précisément à une « discussion » et un débat serein sur les points essentiels portant sur l’avenir du pays que François Hollande a proposé à la majorité actuelle lors de l’inauguration de ses locaux de campagne le 11 janvier. Il a cité notamment la croissance et le pacte productif, la justice fiscale et l’éducation, la protection sociale, les logements et la sécurité ou bien encore l’l’impartialité de l’Etat etc. Il y a bien d’autres sujets encore de politique étrangère et de défense qui devront être abordés au cours de cette campagne présidentielle qui serait bien mal partie si elle devait se dérouler pendant trois mois encore sur ce même registre de l’invective et du dénigrement.
Pour éviter cette dérive permanente des « petites phrases », injurieuses et néfastes de part et d’autre, une clarification s’impose. D’abord du côté du Président de la République. Ce dernier refusera le plus longtemps possible – jusqu’à la mi-mars ? – de sortir de sa fonction élyséenne en se déclarant candidat. Il tire en effet de sa fonction actuelle trois avantages majeurs.
D’abord elle lui permet d’agir en « protecteur » et « rassembleur » des Français comme il compte le faire en tirant les conclusions du « sommet sur la crise » convoqué pour le 18 janvier à l’Elysée en tenant compte, précise-t-il , des propositions faites par les partenaires sociaux. Ensuite, son statut de Président lui offre des circonstances particulièrement favorables pour se déplacer et rencontrer ses compatriotes en province – assistance triée sur le volet, discours sans contradiction relayé par les moyens audiovisuels de l’Elysée etc. -.Enfin, il occupe le terrain politique à l’aide de ses « cellules » élyséennes : celle sur les sondages de popularité – l’Elysée prévoit que les courbes de confiance du premier tour s’inverseront entre François Hollande et lui à la fin du mois – et sa cellule « riposte » avec l’ancien ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux qui organise chaque jour avec l’aide de plusieurs ministres, les thèmes de campagne du Président-candidat.
François Hollande aurait donc intérêt à resserrer les boulons de son équipe présidentielle pléthorique et un peu trop euphorique. Par ailleurs, il a mille fois raison de vouloir aborder les débats de fond « avec fermeté et sérieux ». Nos compatriotes attendent avec impatience de connaître clairement son programme et ses options. C’est ainsi qu’il fera la différence avec un Président-candidat qui tire tous azimuts et ne convainc pas dans la mesure où les Français ont compris que Nicolas Sarkozy ne peut réussir en quelques semaines ce qu’il n’a pas su faire en cinq ans.
François Gervais

Le « candidat-Président » Nicolas Sarkozy est présent tous azimuts et reçoit l’appui, à titre personnel, d’Angela Merkel sur sa proposition de taxation des transactions financières. François Hollande consulte à huis clos les partenaires sociaux avant le « sommet sur la crise » du 18 janvier à l’Elysée. Et pendant ce temps là, François Bayrou rassemble les indécis et Marine Le Pen recrute chez les ouvriers mais aussi maintenant dans les classes moyennes.

Publié 9 janvier 2012 par horizonspolitiques
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L’année 2012 commence sur les chapeaux de roue sous l’impulsion d’un « candidat-Président » qui s’agite sur tous les fronts alors que François Hollande ne parvient pas à enclencher une dynamique à gauche. Du coup, à cent jours de l’échéance, les jeux sont beaucoup plus ouverts que prévus. Devant le peu d’enthousiasme suscité par le lourd bilan du chef de l’Etat et la relative atonie de son principal challenger socialiste, François Bayrou se renforce auprès de ceux qui hésitent ou seraient prêts à « voter blanc ». Marine Le Pen, quant à elle, élargit sa palette électorale non seulement auprès des ouvriers protestataires mais elle se crédibilise auprès des retraités voire des classes moyennes. Jamais une élection n’a été aussi ouverte et incertaine.
Nicolas Sarkozy agit désormais en candidat et fait feu de tout bois. A l’Elysée, on laisse entendre qu’il présentera sa candidature le plus tard possible, peut être même en mars – mais il a manifestement décidé d’accélérer la cadence. Et l’on peut considérer que le Président dévoilera son programme de campagne d’ici à la fin du mois de janvier. De fait, après avoir reçu le 9 janvier à Berlin l’onction accordée « à titre personnel » de la chancelière allemande Angela Merkel sur sa proposition de mettre en œuvre rapidement la taxe sur les transactions financières, Nicolas Sarkozy a précisé qu’il ferait connaître ses propositions économiques et sociales d’ici à la fin du mois de janvier après le sommet social rebaptisé « sommet sur la crise » qu’il réunira le 18 janvier à l’Elysée avec les partenaires sociaux.
Que ce soit sur la TVA sociale, écartée par lui en 2007 ou sur les transactions financières repoussées par le gouvernement avec la plus grande vigueur au Sénat le 21 novembre dernier, le « candidat -Sarkozy »ne se prive pas de faire des « galipettes » pour reprendre l’expression utilisée par le porte-parole du PS, le 9 novembre. « Il est prêt à dire tout et n’importe quoi sur tout et n’importe quoi » a même ajouté Benoît Hamon avant de mettre en garde contre ce «caméléon » qui finit par agir toujours de la même façon : en protégeant « les plus gros » ! La tactique est claire chez les socialistes. Il s’agit d’alourdir au maximum le « bilan » du quinquennat de Nicolas Sarkozy et de discréditer par là même ses nouvelles initiatives dans la perspective d’un nouveau mandat à l’Elysée.
Cette option du rejet du bilan voire de la « détestation » de la personne du Président lui-même, une expression utilisée par l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Ferry fonctionnerait d’autant mieux au profit du principal candidat d’opposition, si ce dernier parvenait à crédibiliser davantage sa candidature. Or, par souci tactique – « il faut en garder sous le pied au cas où le sentiment de rejet ne serait pas suffisant pour faire gagner Hollande » confiait, le 9 janvier, l’un des membres de son équipe – François Hollande se place dans une position attentiste et d’esquive. Le jour même où Nicolas Sarkozy popularise son « sommet de crise » du 18 janvier depuis la capitale allemande – ce qui en général ne se fait pas -, François Hollande reçoit en catimini et à huis clos les syndicats pour leur promettre …un autre « sommet social » institutionnalisé celui-là, en cas de victoire de la gauche en mai prochain. La belle affaire !
Or, ce que les électeurs veulent connaitre avant de se prononcer ce sont les grandes options de sa politique alternative en matière économique, sociale et fiscale. Sur ce dernier point comme sur d’autres, François Hollande est en retrait sur les engagements pris dans le programme socialiste qu’il s’est engagé pendant sa campagne des « primaires socialistes » à respecter. C’est ainsi que la fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG paraît devoir être repoussée dans le temps en cas de victoire de la gauche…à moins que ce ne soit qu’une ruse électorale. Cependant avant de se prononcer en sa faveur, il est probable que le « peuple de gauche » demandera à François Hollande des garanties sur l’application de son programme. Faute de quoi, il ne faudra pas s’étonner que le total des voix de gauche passé de 41,5% en novembre à 38% en ce début d’année dans la dernière enquête de l’IFOP publiée le 8 janvier dans le « Journal du Dimanche » ne s’amenuise encore.
Pout résumer la situation on pourrait dire que les socialistes tirent à boulets rouges sur le bilan de Nicolas Sarkozy présenté par la gauche comme « le Président du chômage, de la dette et de l’effondrement du pouvoir d’achat » alors que la droite défend la « prise de risques » courageuse et porteuse d’avenir du chef de l’Etat qu’elle oppose à « la stratégie de l’esquive » de François Hollande, une expression utilisée par Bruno Le Maire sur Radio Classique et Public Sénat le 9 janvier. Selon le ministre UMP de l’agriculture le candidat socialiste donne le sentiment de « cacher quelque chose ». De fait, parfois François Hollande paraît prêt à « détricoter » en matière fiscale comme ce fut déjà le cas pour le nucléaire, les options fondamentales prises par le parti socialiste dans son programme de gouvernement législatif.
Il n’est pas le seul à marcher sur des œufs pour ne pas être enfermé dans des promesses qui pourraient se révéler irréalisables comme trop souvent dans le passé ; A gauche, François Mitterrand après avoir appliqué une bonne partie de ses « 110 propositions » fut contraint à un « tournant de la rigueur » dès 1983 soit deux années seulement après sa prise de fonction . A droite, ni la réduction de la « fracture sociale » promise par Jacques Chirac en 1995, ni le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy en 2007 n’ont été suivi d’effets concrets et ressentis par la population. Il ne faut pas s’étonner que les rivaux de Nicolas Sarkozy dans la présidentielle de 2012 soient extrêmement prudents. Car plus ils cachent leurs jeux et leurs propositions plus cela paraît leur réussit à l’instar de ce qui s’est produit aux dernières élections législatives espagnoles où le candidat de la droite qui perdait de points à chaque fois qu’il présentait une proposition a préféré ne rien dire …pour finalement l’emporter sur le socialiste sortant José Luiz Zapatero.
François Bayrou a remarqué ainsi qu’il progressait dans les sondages depuis qu’il s’en tenait à cette seule affirmation : s’il est élu à l’Elysée : « il fera ce qu’il faut faire !». « Serpent à tête d’honnête homme » comme le définit fort justement Gérard Mordillat dans le portrait qu’il présente du président du Modem dans « Télérama », François Bayrou peut se retrouver comme en 2007 dans la position du faiseur de roi qu’il n‘avait pas su exploiter à son avantage alors que cette fois-ci, il a affirmé qu’il choisirait entre les deux tours de 2012. Sans doute le candidat qui aura alors les plus fortes chances des l’emporter et lui offrir Matignon. .. s’il n’est plus en lice au second tour.
A l’heure actuelle tout se passe comme si les Français n’avaient le choix qu’entre : un « candidat –Président » qui s’agite dans tous les sens au risque de mettre en avant des positions qu’il avait rejetées auparavant – la fameuse taxe Tobin ,la solution d’une scop pour Sea France repoussée il y a quelques jours par le ministre des transports, la TVA sociale mise sous le boisseau depuis cinq ans etc. – ; un candidat du Centre qui met en avant – comme tout le monde – la résorption de la dette et le « produire français » ; un socialiste qui s’efforce déjà de repousser dans le temps des meures drastiques contenues dans le « petit livre » rouge du PS ; et enfin, Marine Le Pen et son programme économique et social extrême qui convainc même si comme le dit fort justement Bruno le Maire « ses propositions ne tiennent pas la route une seconde, en particulier la sortie de l’euro qui conduirait, selon lui, à la ruine des millions de Français ». Marine Le Pen parvient toutefois à populariser les idées du Front national. Un sondage « Viavoice » paru le 9 janvier dans « Libération » fait apparaître que 30% de nos compatriotes n’excluent pas de voter pour le Front national, S’ils le feront en tout ou partie, c’est grâce à la personnalité et l’allant de Marine Le Pen. Son père faisait honte, elle veut le respect. Elle cherche à incarner « Miss France » comme l’avance l’écrivain Christine Angot. C’est une femme moderne Qui dit ce qu’elle pense une spécialiste du contre-pied. Une « Scaramouche » en jupons qui aime les coups de gueule et narguer les bourgeois. Elle peut focaliser autour de sa forte personnalité les ouvriers (27%) mais aussi les employés (19%), professions intermédiaires (16%) et même les cadres (11%) tout comme les retraités (15%) qui estiment qu’un « tour de vis » sécuritaire et sociétal ne ferait pas de mal à notre pays.
Bref, dans ce match à quatre, rien n’est joué à cent jours de l’échéance. Tout le monde est sur le pont et en premier lieu le « candidat-Président » Sarkozy qui fait flèche de tout bois et empêche jusqu’à présent, son principal rival, François Hollande de fendre l’armure, laissant ainsi à l’opportuniste Bayrou un espace et un espoir à la « pétroleuse » Marine Le Pen toujours prête à faire voler le système en éclats …si les autres candidats lui en offraient l’occasion. A suivre.
François Gervais

De nombreux déplacements : vœux présidentiels en province et hommage à Jeanne d’Arc pour Nicolas Sarkozy ; intervention télévisée, premier meeting régional à Bordeaux et recueillement à Jarnac pour François Hollande. Des polémiques sur la TVA sociale « anti-sociale » et l’affaire Karachi. Les deux principaux protagonistes sont désormais, bel et bien, entrés sur la piste de la présidentielle.

Publié 2 janvier 2012 par horizonspolitiques
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Nos concitoyens auront compris en regardant les traditionnels vœux télévisés présentés sur un ton grave par le chef de l’Etat et en écoutant sa conclusion : – « j’ai confiance dans les Français, je suis certain du chemin qu’il faut suivre » – que Nicolas Sarkozy était candidat au renouvellement de son mandat à l’Elysée en 2012. Et qu’il entendait disposer, le plus longtemps possible – d’ici à cinq mois mais en réalité quatre seulement –, des avantages acquis que lui confèrent son mandat élyséen obtenu en 2007.
C’est ainsi qu’en ce mois de janvier Nicolas Sarkozy va se déplacer trois fois par semaine en moyenne pour présenter en province ses vœux à ses compatriotes avant de conclure ce « tour de France » par une rencontre avec les journalistes le 28 janvier. Le Président-candidat qui ne cache plus ses intentions déborde d’activités. Mardi 3 janvier, il se déplace dans le Finistère, à l’école navale de Lanvéoc-Poulmic, pour présenter ses vœux aux armées ; le 5, il se rend dans la Vienne pour rencontrer les représentants du monde de l’éducation et de la recherche. Le 6 il ira dans les Vosges à l’occasion du …600 ème anniversaires de la naissance de Jeanne d’Arc avant de recevoir dans l’après-midi à l’Élysée le nouveau président du conseil italien Mario Monti et de conclure en fin de journée un colloque organisé au palais de l’Elysée sur « le Nouveau Monde ».
De son côté, François Hollande entre dans la course. Manuel Valls, son directeur de la communication pour la campagne présidentielle a présenté, le 2 janvier à la presse le programme particulièrement fourni de François Hollande pour cette semaine de rentrée. Intervention télévisée le 3 janvier sur France 2 ; premier grand meeting régional à Bordeaux – il en tiendra sept durant la campagne –sur le thème primordial de l’emploi. Jeudi 5, il sera à Caen, le 7 il présentera ses vœux aux Corréziens puis aux socialistes et le 8 il se recueillera à Jarnac pour le quinzième anniversaire de la mort de François Mitterrand. Entre temps, François Hollande publiera une « adresse aux Français » dans le quotidien « Libération » et s’installera dans ses locaux de campagne de l’avenue de Ségur à Paris qui seront opérationnels à partir du 11 janvier.
Les emplois du temps sont aussi remplis chez l’un comme chez l’autre et du côté socialiste on commence même à mettre en place les pools de journalistes car toutes les demandes émanant des médias ne pourront être satisfaites. François Hollande se rendra dans les départements d’Outre-mer du 13 au 16 janvier pour revenir en Lorraine le 17 janvier. Auparavant il aura rencontré les représentants des organisations ouvrières convoqués à l’Elysée le 18 janvier pour un « sommet social » à l’Elysée à l’issue duquel Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il demanderait au gouvernement de prendre des décisions pour intensifier la lutte contre le chômage.
François Hollande se lance dans la campagne considérant car comme l’ont dit Manuel Valls et Benoît Hamon respectivement porte-paroles du candidat et du PS il considère que Nicolas Sarkozy mène déjà une campagne de candidat à travers son habit de Président qu’il compte abandonner le plus tard possible : l’ultime délai pour le dépôt des parrainages étant fixé au 16 mars il n’attendra pas ce moment là !….
Ce dernier tour de la campagne commence sur les chapeaux de roue car les deux principaux protagonistes veulent occuper toute la place et se rendre coup pour coup. On a pu le constater avec les commentaires qui ont entouré de part et d’autre, la prestation télévisée du chef de l’Etat, le 31 décembre.
Du côté socialiste, Manuel Valls a accusé Nicolas Sarkozy de « jouer sur les peurs et la peur de la crise » et le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, est allé jusqu’à dire que le bilan de Nicolas Sarkozy était si « terrible » qu’il devrait le conduire « s’il avait la dignité de sa fonction » à ne pas se présenter ! « On ne voit pas, en bonne logique, comment Nicolas Sarkozy peut être réélu », ajoute le député socialiste du Doubs en enfonçant le clou. Une appréciation que l’ancien ministre de l’éducation, Luc Ferry, semble partager puisqu’il jugeait le 1er janvier dans «Le Parisien » le bilan de Nicolas Sarkozy « extrêmement mince » et le niveau de détestation suscité par le chef de l’Etat tel qu’à son avis « n’importe quel ténor socialiste aurait des bons sondages face à lui ». L’équipe présidentielle de François Hollande est donc incitée à « durcir » le ton ne serait-ce que pour répondre à la campagne de dénigrements que Nicolas Sarkozy a lancé à l’encontre de son rival socialiste.
La ministre Valérie Pécresse a ainsi reproché à François Hollande qui avait souhaité « le changement maintenant » dans ses vœux à ses « concitoyens » diffusés le 31 décembre avant ceux du chef de l’Etat… de « se bander les yeux ». « Non le président de la République ne joue pas sur les peurs, lui ne ment pas aux Français », renchérissait de son côté, Franck Riester de l’état major de l’UMP.
Mais ce ne sont là que des escarmouches car les dirigeants socialistes agacés par les rappels de la part de l’UMP des « affaires » impliquant dans le Nord et les Bouches du Rhône des dirigeants socialistes de premier plan n’hésitent plus désormais à contre-attaquer sur l’affaire Karachi et à demander de comptes au chef de l’Etat. Alors que le ministre de l’Education, Luc Chatel estime que c’est « une affaire qui remonte à plus de vingt ans », Pierre Moscovici estime en réponse qu’il faudra bien que « Balladur et Sarkozy s’expliquent sur le financement de cette étrange campagne ou de l’étrange financement de cette campagne ». Là encore, les couteaux sont tirés. Manuel Valls exige désormais que Nicolas Sarkozy « s’explique » après les révélations faites par « Libération » du 2 janvier sur cette affaire où l’ancien ministre, Renaud Donnedieu de Vabres vient d’être mis en examen pour « complicité d’abus de bien sociaux ».
La polémique à venir la plus dure et significative va toutefois porter sur ce que les socialistes appellent le « pillage » des idées et les faux -semblants dont ferait preuve le chef de l’Etat. Coté « pillage » ce serait, le coup de pouce que le chef de l’Etat a demandé au gouvernement en faveur des salariés de SeaFrance qui veulent fonder une Scop ( coopérative ouvrière ) en demandant aux 830 salariés de mettre au pot commun leurs indemnités de licenciement alors qu’il y a quelques jours encore, le ministre des transports s’opposait publiquement à cette formule « jusqu’au boutiste » défendue par la CFDT. Les socialistes proposent au contraire pour sauver ces emplois actuellement aidés par le conseil régional socialiste du Nord Pas-de-Calais « un financement pérenne par une grande banque publique d’investissement » prévue dans leur programme.
Côté « faux semblants », les socialistes estiment que ce n’est pas à quatre mois de l’échéance présidentielle que Nicolas Sarkozy peut revenir sur quatre années d’échecs qui se soldent par un million de chômeurs supplémentaires qu’en 2007. Ils s’opposent en particulier à l’instauration d’ « une TVA sociale » que leur porte-parole Benoît Hamon a qualifié d’ « anti-sociale » lors de son point de presse hebdomadaire dans la mesure où selon lui, ce sont tous les Français qui supporteront un relèvement de la TVA alors que les chefs d’entreprise qui bénéficieront de nouveaux allégements de charges ne les répercuteront vraisemblablement pas, ni sur les salaires, ni sur les prix : « C’est tout simplement le programme du Medef de Mme Parisot ! » a-t-il affirmé.
Les partisans de la TVA sociale estiment qu’elle pourrait amener une relance de la compétitivité des entreprises d’une part grâce à la baisse du coût du travail et d’autre part par la pénalisation de fait des produits importés car les produits français exportés ne sont soumis qu’à la TVA des pays importateurs.
Lors de ce sommet social sera examinée la formule des emplois flexibles. D’ores et déjà, la CGT estime que cette formule « maintien de l’emploi si baisse de salaire » serait un « donnant-perdant » pour les salariés. « Sans soute conscient des effets très négatifs des chiffres du chômage et de la précarité sur le comportement des électeurs, Nicolas Sarkozy redécouvre subitement les vertus du « dialogue social » estime ainsi la CGT qui organise le 18 janvier une « journée de mobilisation interprofessionnelle » pour exiger « une autre répartition des richesses créées ».
Volonté du président-candidat Sarkozy d’agir tous azimuts pour tenter d’endiguer la montée du chômage tout en gardant son cap libéral : refus du côté socialiste des solutions au coup par coup pour privilégier un véritable changement à travers une réforme fiscale « juste et solidaire » : l’un des grand débat de cette campagne présidentielle de 2012 marquée par la question cruciale de l’emploi va être publiquement débattue d’ici à la fin janvier. Il faut souhaiter qu’elle intéresse les électeurs qui seront amenés à rendre leur verdict le 22 avril et le 6 mai prochains. Il est temps de rentrer dans le vif du sujet et de débattre sur l’avenir de notre économie et de notre industrie mais aussi de la préservation de nos acquis sociaux qui fondent ce modèle social français, exemplaire et envié à travers le monde.
François Gervais

Nicolas Sarkozy présente les grandes lignes de sa campagne présidentielle de 2012 pour sa réélection à l’Elysée à l’occasion de ses vœux aux Français du 31 décembre. L’année 2011 a été marquée en Europe par le « déboulonnage » des dirigeants en place et l’amorce d’une réorientation de sa politique par Nicolas Sarkozy. François Hollande, toujours favori, joue gros en abordant dès le 4 janvier du thème majeur de la campagne : celui de l’emploi.

Publié 30 décembre 2011 par horizonspolitiques
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Mis à part ses premiers vœux présidentiels en 2007, quelques mois seulement après son élection à l’Elysée, où il avait promis de « bâtir une société où la vie sera plus facile, et où l’avenir pourra être regardé avec davantage de confiance », Nicolas Sarkozy a toujours commencé son adresse à ses chers compatriotes du 31 décembre en reconnaissant que l’année écoulée avait été « rude » (2008 et 2010) ou « difficile » (2009).
Cette année 2011 se terminant sur un taux de chômage-record – du jamais vu depuis douze ans portant à 2,85 millions les demandeurs d’emploi et à 4,25 millions l’ensemble des chômeurs y compris ceux en activité réduite – ne peut être qualifiée cette fois-ci d’une autre manière que dure et brutale. Le pays s’enfonce dans la crise avec une croissance ralentie ponctionnée par une série de trois « plans de rigueur ».
Le ton de ces vœux aux Français à la fin 2011 devrait donc être éloigné de l’optimisme et de l’autosatisfaction dont avait fait preuve le chef de l’Etat le 31 décembre 2010, lorsqu’il affirmait que l’année 2011 s’annonçait comme « porteuse d’espérance » parce que la croissance était « revenue » et que les grandes réformes engagées commençaient « à porter leurs fruits ».
Toutefois, Si l’on en croit les confidences faites par Guillaume Peltier, l’un des nouveaux « gourous » de l’Elysée, le chef de l’Etat va insister sur son bilan relativement préservé en matière sociale – 30% de hausse du chômage en France mais 50% en moyenne chez nos partenaires européens –. Il ne manquera pas de présenter ses nouvelles options sur la flexibilité de l’emploi comme plus porteuse que celle de son futur rival socialiste, François Hollande avec ses 300 000 emplois aidés et les 60 000 enseignants supplémentaires qu’il a déjà étrillé à plusieurs reprises. Enfin, toujours selon Guillaume Peltier, le chef de l’Etat devrait afficher sa nouvelle priorité en direction des PME et des très petites entreprises susceptibles de faire repartir plus rapidement la croissance.que les grosses entreprises du CAC 40 En tout état de cause, président et non pas encore candidat déclaré à sa succession – ce dont personne ne doute – , Nicolas Sarkozy devrait donnera es indications sur le « sommet pour l’emploi »i qui se tiendra à son initiative le 18 janvier à l’Elysée , en présence de tous les partenaires sociaux pour tenter de trouver une issue à la crise et retrouver le plus vite possible une croissance plus positive,
D’ores et déjà, les « pactes de compétitivité-emploi » préconisés par le ministre du Travail, Xavier Bertrand et qui seront au menu du sommet du 18 janvier ne font pas recette auprès des syndicats extrêmement réservés sur le principe et soucieux de ne pas se faire manipuler à quelques mois de l’échéance présidentielle. Le principe proposé par le gouvernement est le suivant : il s’agit de donner la garantie de l’emploi pendant une certaine durée, en échange de contreparties des salariés, par exemple, la réduction de la durée du travail avec une réduction du salaire souvent proportionnelle. Cela reviendrait alors, selon la CGT, au « travailler moins pour gagner moins » : joli « tête à queue », selon les syndicats, au regard de la proposition -phare de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et de son fameux « travailler plus pour gagner plus ».
Les socialistes et les rivaux déclarés du chef de l’Etat comme François Bayrou, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auront beau jeu de souligner les « reniements » de Nicolas Sarkozy au regard de ses prises de positions initiales dont la plus spectaculaire fut la suppression dans le collectif budgétaire du 24 juillet du « bouclier fiscal » – figure emblématique du quinquennat – compensé si l’on peut dire par l’allégement de l’impôt sur la fortune(ISF).
Le chef de l’Etat aura aussi bien du mal à défendre l’euro au moment où dix ans après sa création il est à son cours le plus bas depuis sa création alors que l’Allemagne refuse toujours le principe de la solidarité au sein de la zone euro en défendant une conception excessivement rigide de la politique monétaire. Elle continuer à refuser pour tout dire de payer pour les mauvais élèves de l’Union qu’ils soient grecs, espagnols, italiens ou…français.
Par ailleurs en matière européenne, les mini-sommets à deux de Nicolas Sarkozy avec la chancelière allemande Angela Merkel – sept en huit mois ce qui irrite nos vingt cinq autres partenaires européens – et la perspective d’un nouveau traité en mars sans la Grande-Bretagne ne sont pas parvenus à crédibiliser ce que l’on appelle maintenant le directoire du couple « Merkozy » …
Bref, le bilan du quinquennat qui s’achève est plutôt médiocre et décevant. Et, en toute logique, le chef de l’Etat devrait être sanctionné aux prochaines élections présidentielle et législative en France comme l’ont été les premiers ministres, grec, espagnol et italien en 2011.
Toutefois même si le chef de l’Etat se trouve dans la position la plus défavorable que celle de tous ses prédécesseurs depuis le début de la Vème République à quatre mois de la présidentielle, personne ne peut encore prédire l’échec de Nicolas Sarkozy en 2012.
D’abord parce que le président en exercice dispose d’un arsenal médiatique inégalable vis-à-vis de ses rivaux même si le raccourcissement du mandat, les moyens internet et les réseaux sociaux exercent une pression plus grande sur lui que sur ces prédécesseurs.
Ensuite, parce que le chef de l’Etat également président de l’UMP est un formidable compétiteur politique et qu’il agit par séquence électoraliste. Il peut tout aussi bien jouer de la droite dure « populaire » pour reprendre les voix lepenistes captées à nouveau par Marine Le Pen ou tenter de reconquérir les classes moyennes en jouant la carte des PME et le petit commerce libéral. En cela, il fait preuve de pragmatisme et il est prêt à revenir sur ses options initiales, ce qui après tout peut s’avérer utile pour un homme politique si reconnait avoir été dans l’erreur.
En réalité l’issue du scrutin dépend de l’exploitation politique que son adversaire principal, François Hollande saura faire de ce désamour des Français et surtout de sa capacité à rendre crédible une alternative socialiste qui pourrait prendre l’allure d’un véritable changement de société s’il devait l’emporter dans la course à l’Elysée suivie dans la foulée par une Assemblée nationale de gauche. Dès lors – et la droite va en faire un thème de campagne – la France serait entièrement « rose » grâce au basculement du Sénat présidé depuis octobre dernier par le « hollandais », Jean-Pierre Bel et aux régions et la majorité des départements et des grandes villes détenus par les socialistes.
Depuis sa victoire à la primaire socialiste sur la première secrétaire du PS, Martine Aubry – une réussite démocratique indéniable avec 2,8 millions de votants – François Hollande a bénéficié d’une rampe de lancement hors norme. Il lui faut maintenant prouver qu’il possède l’envergure d’un président de la République. Il a pris habilement ses distances avec les Verts notamment sur la question du nucléaire. Il lui faut maintenant populariser son programme proche de celui du PS mais qui sur trois ou quatre points doit s’en séparer.
Il est grand temps que le candidat socialiste sorte du flou relatif qu’il a volontairement entretenu depuis sa désignation en octobre et qu’il se jette dans la campagne présidentielle proprement dite. Il aura une première occasion de s’imposer aux yeux des Français lors de son premier grand meeting de campagne le 4 janvier à Mérignac dans la banlieue de Bordeaux sur le thème majeur de l’emploi. Celui qui fut pendant plus de dix ans, l’un des chaînons incontournables des plus grandes décisions prises par François Mitterrand à l’Elysée puis par Lionel Jospin durant son quinquennat à Matignon et qui demeure le favori des sondages pour le deuxième tour de 2012 dispose pratiquement de toutes les cartes en mains. A lui de jouer avec ses plus proches compagnons comme Michel Sapin, Jérôme Cahuzac ou Manuel Valls qui auront un rôle majeur dans la campagne présidentielle.
Avec les deniers vœux présidentiels de son quinquennat ouvrant une perspective sur un éventuel second mandat à l’Elysée de Nicolas Sarkozy et l’entrée en matière rapide de François Hollande sur l’emploi dès les premiers jours de janvier la campagne présidentielle entre dans le dur. Les dix premières semaines de 2012 seront en effet décisives pour l’un comme pour l’autre. S’ils ne parviennent pas à s’imposer, les Français pourraient être tentés de regarder vers un troisième homme qui en est déjà à sa troisième tentative ou une troisième femme qui, fait exceptionnel, est partie si l’on en croit les sondages, à faire mieux que son père… en 2002 ?
François Gervais

Loi pénalisant la négation du génocide arménien ; possible réquisition des policiers et gendarmes contre les agents de sûreté en grève ; proposition de loi pour un service minimum dans le transport aérien ; enterrement du rapport Perruchot sur le financement des organisations syndicales et patronales : la fièvre électoraliste au parlement avant le vrai débat sur les propositions début 2012.

Publié 21 décembre 2011 par horizonspolitiques
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Cela en deviendrait presque comique. Tout le monde se renvoie la « patate chaude », l’expression est du député communiste Patrick Braouezec de la proposition de loi UMP condamnant la négation du génocide arménien qui devrait être votée le 22 décembre en dépit des protestations des autorités turques. Le président du groupe UMP, Christian Jacob a indiqué que cette proposition avait été inscrite à l’ordre du jour de la fin de session par le premier ministre tandis que le ministre des relations avec le parlement, Patrick Ollier, insistait sur le fait qu’il s’agissait bien d’une proposition émanant de la député UMP des Bouches du –Rhône, Valérie Boyer. En réalité, tout le monde sait fort bien que c’est sous la pression de Nicolas Sarkozy que cette proposition de loi dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’avait rien d’urgent a été inscrite à l’ordre du jour de cette fin de législature.
Le chef de l’Etat a donc fait pression sur sa majorité à l’Assemblée nationale pour trois raisons purement électorales.
En premier lieu, il tient une promesse faite le 7 octobre dernier à son homologue arménien à Erevan de mettre fin à toute entreprise de négation du génocide arménien sur le sol français. Il reprend ainsi la main auprès de l’électorat arménien qui avait voté pour lui en majorité en 2007. Le chanteur d’origine arménienne Charles Aznavour ayant fait de son côté un lobbying pressant auprès de son amie Carla Bruni Sarkozy.
En second lieu, il prend de vitesse François Hollande qui avait plaidé pour que le nouveau Sénat de gauche mette au vote la proposition de loi sur la pénalisation du négationnisme qui avait été rejetée au début de l’année … par l’UMP alors que la proposition était restée dans ses limbes depuis 2006. Ce qui explique au passage que l’ancien président UMP du Sénat, Gérard Larcher ait exprimé, le 21 décembre, son opposition au vote de cette proposition lorsqu’elle reviendra devant les sénateurs.
Enfin, troisième objectif, le président de la République anticipe une tension franco-turque qui contribuera à mettre de l’eau à son moulin de candidat hostile à l’entrée dans l’Union européenne d’un pays fort de 80 millions de musulmans et lui permettra ainsi de se relégitimer à l’égard des électeurs du centre et de la droite, hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé a pourtant mis en garde ses collègues, en plein conseil des ministres du 14 décembre, contre les conséquences économiques et diplomatiques que l’adoption d’une telle loi entraînerait pour notre pays.
Une fois encore pour des raisons purement électoralistes – le vote arménien dont a bénéficié l’actuel président et avant lui François Mitterrand – les députés qui ont reconnu depuis 2001 le génocide arménien, vont adopter une nouvelle loi jugée par beaucoup de députés de bon sens, peu opportune au moment où la Turquie notre troisième partenaire économique hors Union européenne s’apprête à rompre ses relations économiques et diplomatiques avec la France en guise de rétorsion et alors que la Turquie s’impose sur le scène internationale comme susceptible de jouer un rôle central dans la crise syrienne.

Nicolas Sarkozy décidemment très en verve – il a décidé de ne pas prendre de vacances de Noël pour pour préparer une adresse des Français – sous la forme d’un livre ou d’une lettre – explicitant les raisons de son nouveau positionnement en vue de la présidentielle de 2012, s’est emporté durant le conseil des ministres du 21 décembre en demandant au gouvernement d’intervenir dans le conflit des agents de sécurité des aéroports qui perturbe le trafic depuis six jours. Il lui a demandé d’assurer les départs à la veille de Noël alors que les grévistes campent sur les positions. Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs fait savoir qu’il pourrait avoir recours aux gendarmes et aux policiers pour assurer la sûreté des frontières.
Là encore, la majorité UMP tout comme les socialistes sont contraints d’arbitrer entre la défense du droit de grève que les partis de gauche veulent préserver en priorité mais aussi le respect de la liberté de voyager auquel la droite reste attachée prioritairement. D’ores et déjà, Christian Jacob, président du groupe UMP a annoncé le dépôt d’une proposition de loi étendant le service minimum pour la RATP et la SNCF aux transports aérien et terrestre. D’autres comme le député UMP Bernard Debré envisagent le dépôt d’une proposition de loi interdisant le droit de grève dans les secteurs aérien ou maritime à certains périodes.
Là encore, il s’agit pour le chef de l’Etat de montrer qu’il ne permettra pas, lui étant aux commandes de l’Etat, que « les Français soient pris en « otages » par des grévistes qui perturbent les déplacements de fin d’année. Avec le risque en cas de l’emploi des forces de sécurité pour pallier la grève que les syndicats y voient un chiffon rouge susceptible de faire capoter le « sommet social » promis pour le 18 janvier à l’Elysée. Les socialistes eux sont embarrassés. Ils peuvent bien dire que ceux qui se plaignent de la grève ne sont pas les plus à plaindre, ils sont toutefois sensibles aux répercussions négatives de cette grève dans les transports en fin d’année. Ils marchent aussi sur des œufs car les plus récents sondages font apparaître que François Hollande est supplanté par Marine Le Pen chez les ouvriers et les employés. La présidente du FN réalise un score de 28% parmi ses catégories populaires alors que le candidat socialiste n’obtient que 26% et 27% dans ces deux cas.
Là encore le pouvoir en place veut faire croire qu’il va régler le problème grâce à l’instauration d’un service minimum. Ce qui n’est pas possible puisqu’ii s’agit là d’un secteur privatisé et qu’en tout état de cause le service minimum à l’état pur de réquisition n’existe pas, ni à la RATP, ni à la SNCF puisque dans ces secteurs, il s’agit simplement d’une obligation pour les salariés grévistes de faire connaître leur décision au minimum 48 heures avant le jour d’arrêt de travail pour permettre à la direction de mieux repartir le trafic. Là encore, il s’agit dune réaction hautement électoraliste de la majorité UMP qui agite le spectre d’une nouvelle loi réglementant le droit de grève tout en sachant qu’elle ne sera jamais votée. Tout est une question de posture.
Tout est une question de postures électoralistes. Les socialistes se présentent en défenseurs du droit de grève et mettent en question la façon dont l’Etat s’est déchargé des ses responsabilités régaliennes comme la sûreté aux frontières au profit du secteur privé. La droite se poser en défenseur du droit de circuler librement et refuse de laisser la bride sur le cou aux syndicats inconscients et impertinents alors qu’en réalité il n’y a pas de quoi faire toute une histoire de ce conflit relativement banal. En réalité, le problème tient à une mauvaise gestion de la sous-traitance de la sûreté aéroportuaire privatisée en 2001. Les agents de sûreté en grève réclament avant tout une reconnaissance de leur métier – ils dénoncent leurs conditions de travail avec des horaires décalés, des voyageurs agressifs, et des pressions au rendement- même s’ils sont demandeurs d une augmentation de leurs salaires. De fait, le secteur de la sécurité privée est beaucoup moins bien traité que les ex-agents de la police des frontières. Ils ont une rémunération de 1 543 euros bruts par mois et sont soumis à un travail avec des horaires décalés.

Enfin, ce même débat hypocrite et électoraliste entre la droite et la gauche se retrouve dans l’enterrement du rapport de la commission parlementaire sur le financement des organisations syndicales et patronales du député du Nouveau centre Nicolas Perruchot (Loir et Cher). Après six mois d’enquête ce rapport n’a pas été approuvé par les socialistes et les députés de l’UMP se sont abstenus, si bien qu’il n’a reçu début décembre que l’aval de quelques députés du Nouveau Centre et radicaux.
D’après ce que l’on croit savoir, ce rapport était à charge contre les syndicats ouvriers. Selon les socialistes, il contenait vingt quatre préconisations sur les syndicats ouvriers et une seule sur le patronat concernant en particulier l’UIMM (le patronat de la métallurgie l’un des bras armés du Medef). Apparemment cela était trop puisque l’on a évoqué une intervention de la « patronne » du Medef, Laurence Parisot qui aurait entraîné l’abstention de l’UMP. Selon le règlement de l’Assemblée et l’ordonnance de 1958, ce rapport rejeté doit être mis sous scellés pendant vingt cinq ans et il ne peut être diffusé d’aucune sorte.
Or, il a donné lieu à des fuites y compris par l’auteur du rapport lui-même suspecté par le président de l’Assemblée nationale qui a trouvé là un lampiste, coupable d’un « délit pénal ». Là encore, les députés de droite comme de gauche ne souhaitent pas déterrer la hache de guerre ni sur les « fonds cachés » du Medef ni sur le financement des syndicats dont les cotisations salariales ne couvriraient que 4% de leurs ressources. Les pressions diverses s’annulant, un travail parlementaire intéressant puisque les personnalités entendues l’ont été sous la foi du serment, ne peut être rendu public. Cela arrange bien les affaires à droite comme à gauche à quelques mois de la présidentielle.
Bref, tous ces petites manouvres ne sont pas à la hauteur des enjeux du futur débat national de la présidentielle de 2012. Cela explique sans doute pourquoi, les deux principaux candidats, l’un s’étant déclaré, François Hollande (27,5% dans un récent sondage IFOP) et l’autre pas encore, Nicolas Sarkozy (24%) paraissent encalminés ou en recul de un ou deux points en cette fin d’année. En revanche, un sondage Opinion Way pour les « Echos » et Radio classique du 21 décembre fait apparaître outre Marine Le Pen à 16%, un quatrième homme, François Bayrou à 14% d’intentions de vote en progression de trois points alors que la présidente du FN recule d’un point. La bataille de 2012 se jouera peut-être à quatre et non a deux comme prévu.
Cela tend à montrer que le moment approche où, après la trêve de Noël, les candidats vont devoir livrer aux Français leurs projets. Le bilan, objectivement désastreux pour le président sortant étant bien intégré par l’opinion publique, nous attendrons impatiemment de part et d’autre, les propositions de changement. C’est là-dessus que nous jugerons les espoirs d’avenir et de réussite dans la période troublée qui va s’imposer à nous pendant le prochain quinquennat.
D’ici là, internautes de tous « horizons politiques », bonne fin d’année !
François Gervais


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